Quand la nourriture a le goût du métal : 5 conseils pratiques pour retrouver votre palais pendant la chimiothérapie
Je n’oublierai jamais le moment où j’ai croqué dans mes spaghettis marinara préférés lors de ma deuxième séance de chimio, pour être frappée par une amertume métallique choquante qui m’a fait avoir des haut-le-cœur. Ce n’était pas seulement que la nourriture avait un goût différent — j’avais l’impression que toute ma relation avec l’alimentation avait été empoisonnée. Ce goût métallique, un effet secondaire courant de la chimiothérapie, transformait chaque repas en un combat. Mais avec le temps, j’ai découvert des stratégies qui m’ont aidé à relever ce défi. Voici cinq conseils pratiques et éprouvés à la maison qui peuvent vous aider, vous ou votre proche, à retrouver de la joie à manger.
1. Choisissez vos ustensiles avec soin
Les ustensiles métalliques peuvent amplifier le goût métallique. Passez aux fourchettes, cuillères et couteaux en bambou, plastique ou céramique. Même quelque chose d’aussi simple que d’utiliser une cuillère pour tout-petit à bout de silicone (oui, vraiment !) peut faire une différence notable.
Ma percée personnelle est venue quand j’ai utilisé un ensemble d’ustensiles en bambou colorés que ma nièce m’a offert. Non seulement la nourriture avait un goût plus propre, mais les couleurs joyeuses ont aussi remonté mon humeur. Gardez un ensemble dédié d’ustensiles non métalliques pour le patient, et lavez-les séparément pour éviter toute saveur métallique résiduelle.
2. Exploiter la puissance de l’acide et de l’arôme
Des saveurs fortes et fraîches peuvent percer la sensation métallique. Essayez :
- Jus de citron ou de citron vert : Un passage sur des légumes, du poisson, ou même de l’eau simple
- Vinaigre : Une pincée de vinaigre de cidre de pomme dans les soupes ou les vinaigrettes
- Herbes fraîches : menthe, coriandre, basilic ou persil saupoudrés généreusement
- Épices aromatiques : cannelle, cardamome ou gingembre dans les thés ou le gruau
Je gardais un petit bol de quartiers de citron sur le plan de travail de la cuisine et j’avais l’habitude d’ajouter un presseur à presque tout. L’acidité vive masquait non seulement le métal, mais stimulait aussi le peu d’appétit que j’avais.
3. Jouer avec la température et la texture
Parfois, modifier les caractéristiques physiques des aliments peut tromper votre palais.
- Servez les aliments froids ou à température ambiante : la chaleur peut intensifier les goûts désagréables. Des salades de pâtes refroidies, des smoothies ou des dips à base de yaourt peuvent être plus tolérables.
- Expérimentez les textures : si les aliments croustillants vous semblent agressifs, essayez des alternatives moelleuses et crémeuses comme la purée de pommes de terre, le pudding ou les œufs brouillés. Inversement, si tout a un goût mou, une pomme croustillante ou un pain légèrement grillé pourrait apporter un soulagement.
Pendant mes pires semaines, je vivais avec du yaourt grec à la vanille (froid, crémeux) et des smoothies au beurre de cacahuète et à la banane. Elles étaient douces, nécessitaient peu de mâchements, et ne déclenchaient pas la réaction métallique.
4. Maintenir une hygiène buccale méticuleuse
Une bouche propre peut réduire le goût métallique persistant.
- Brossez-vous doucement avec une brosse à dents à poils doux et un dentifrice doux et non moussant (certains trouvent le dentifrice pour enfants moins irritant).
- Rincez fréquemment avec une solution de soude (1/2 cuillère à café de bicarbonate de soude dans 1 tasse d’eau tiède) ou un bain de bouche doux sans alcool.
- Restez hydraté avec de petites gorgées d’eau tout au long de la journée pour éliminer les irritants des papilles gustatives.
J’ai mis des rappels de rinçage toutes les deux heures. C’était comme appuyer sur un bouton « réinitialisation » de mes papilles, même si l’effet était temporaire.
5. Créer un environnement alimentaire agréable
Votre environnement influence votre perception du goût.
- Mangez dans une pièce bien ventilée, à l’abri des odeurs de cuisine qui pourraient être nauséabondes.
- Utilisez des assiettes et des serviettes colorées — l’attrait visuel peut rendre la nourriture plus accueillante.
- Pratiquez une alimentation consciente : prenez de petites bouchées, mâchez lentement, et concentrez-vous sur la texture et l’arôme plutôt que de vous attendre à la saveur habituelle.
Mon mari a commencé à dresser notre petite table avec un set de table lumineux et une seule fleur. Cela ressemblait à une petite célébration, et cette association positive m’a aidée à tenir quelques bouchées de plus à chaque fois.
Un dernier mot d’encouragement
Le goût métallique est temporaire. Il s’estompera après la fin du traitement. En attendant, soyez patient avec vous-même. Ce qui fonctionne un jour peut ne pas fonctionner le lendemain — ce n’est pas grave. Continuez à expérimenter, et n’hésitez pas à demander à votre équipe de soins une orientation vers un diététicien diplômé spécialisé en oncologie.
Vous n’êtes pas seul dans cette lutte. En modifiant les détails — les ustensiles, les saveurs, l’environnement — vous pouvez reprendre un certain contrôle et retrouver des moments de plaisir à table.
© Olivia Miller - Cet article fait partie d’une série de blogs sur les soins du cancer.


